GECE Région Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées

GeceGroupement des éleveurs de chevaux d'endurance

Edito

Interview oct 2016 pour le journal de l'IFCE

Nous vous reproduisons l'intégralité d'une interview donnée par Jean-Jacques Pesquet au journal de l'IFCE en octobre 2016 :

Sur un plan général, quelle appréciation portez vous sur cette FINALE 2016 ?

 

JJP : La Finale Nationale 2016 des Jeunes Chevaux d’Endurance a manifestement été un succès que l’on doit pour une large partie à la SHU et son Président Antonio NOGUEIRA avec toute son équipe, soutenu financièrement par la SHF et son Président Yves CHAUVIN, qui a permis la mise en œuvre d’un environnement à la hauteur de la manifestation. La mise à disposition par l’IFCE de ses installations magnifiques et judicieusement aménagées a donné à cette manifestation encore plus de brio que les années passées.

En qualité de représentant des éleveurs, avez-vous un message particulier à transmettre?

JJP : On peut certes regretter qu’aucune place n’ait été offerte à la présentation des jeunes produits et reproducteurs appartenant aux divers éleveurs de la Région Occitanie qui avaient déplacé, à leurs frais,  14 produits représentatifs de leurs élevages : cette situation peut s’expliquer soit par une volonté de ne pas favoriser une région en particulier, fût-elle le fleuron de l’élevage français de chevaux d’endurance depuis 4 décennies, et sur ses terres à Uzès ? Ou bien d’être la victime collatérale d’un programme extrêmement chargé<s>,</s> mais qui a cependant permis d’offrir une place non négligeable à la présentation du cheval arabe « beau et bon », dont ce n‘était peut-être pas la place, et dont la présentation typiquement « show » avec une conduite pour le moins brutale des chevaux par les handlers a surpris et même choqué, nombre de spectateurs et d’acteurs…

Sur un plan purement technique, comment appréciez-vous le résultat final ?

JJP : On peut une nouvelle fois se féliciter de l’organisation des épreuves, prouesse technique avec plus de 700 partants !  Les éleveurs, (c’est bien eux les plus concernés par cette course, même si les propriétaires particuliers non professionnels disposent du même outil promotionnel et des mêmes primes/récompenses/opportunités commerciales alors qu’ils ne sont pas soumis aux mêmes contraintes, MSA et TVA notamment, que les éleveurs professionnels) avaient préparé sur leurs structures ou confié leurs « jeunes pousses » à des cavaliers confirmés en vue d’optimiser leurs chances. Les 4 journées de compétition n’ont été entachées d’aucun accident  grave, prouvant si besoin était que l’organisation de cette manifestation, qui demeure l’image du « contrôle de performance  des jeunes chevaux » de 4 à 6 ans, a été remarquable.

 

Nous sommes néanmoins préoccupés par la difficulté croissante de faire le grand écart entre la préservation des jeunes chevaux voulue unanimement, et l’évolution constante des règlements des finales, tels que les points de récupération cardiaque à 5 mn, instaurés pour « coller » à la demande commerciale étrangère obnubilée par les « cœurs », mais synonymes pour beaucoup de jeunes chevaux d’entraînement précoce, voire de surentraînement, pour performer conformément aux nouvelles règles.

On parle de plus en plus de la réalisation de ce pôle international d'endurance à Uzès, comment l'appréciez-vous ?

JJP : Le positionnement d’UZES pour abriter le  « pôle international d’endurance » semble devenir progressivement une réalité, la présence sur le site du Maire d’Uzès, Jean-Luc CHAPON, Président de la Communauté des Communes, accompagné de 11 maires des communes environnantes qui participent directement ou indirectement à la promotion de ce « pôle international », constitue la preuve incontestable  que le processus est en marche et qu’il convient de l’accompagner et de s’impliquer.

Il revient cependant au Comité qui va être mis en place pour gérer ce Grand Projet d’établir des priorités, car les investissements à réaliser vont être très importants, d’impliquer le secteur privé qui doit obligatoirement accompagner ce type de projet, n’oublions pas que la pérennité des investissements réalisés par des structures para étatiques sans implication des bénéficiaires est toujours difficile, et surtout de tenir compte de l’avis des Eleveurs, qu’ils soient de notre Région, à travers le GECE OCCITANIE ou des autres régions qui développent cette discipline.

Quel avenir pour votre discipline et les éleveurs de chevaux qui y sont impliqués ?

JJP : Malgré une forte dynamique commerciale de l’endurance depuis quelques années, notamment à l’export (avec un tassement ces derniers mois), l’image de notre discipline est malheureusement écornée au regard des incidents survenus sur les dernières courses internationales, la situation se complique avec la restructuration que subit actuellement la filière équine au niveau national, pour se mettre en conformité avec les textes européens et au niveau régional pour adopter le nouveau découpage régional.

Les éleveurs d’équidés en général et de chevaux d’endurance en particulier se sont structurés dans cet esprit pour ne pas mettre en péril l’évolution de leurs élevages, avec la mise en œuvre annuelle, notamment de leur programme de reproduction qui ne peut malheureusement pas attendre …. que les textes sortent.

C’est dans cet objectif qu’a été constitué le Conseil des Equidés d’Occitanie (CEO), fruit de la fusion des deux Conseils des Equidés du Languedoc Roussillon et de Midi Pyrénées, puis le Groupement des Eleveurs de Chevaux d’Endurance d’Occitanie (GECE Occitanie), organisation membre du Conseil des Equidés d’Occitanie, et la Fédération des Associations Régionales des Eleveurs d’Equidés de la Région Occitanie (FAREEO) qui regroupe l’ensemble des éleveurs d’équidés toutes races et disciplines confondues et constitue l’élément fédérateur du Collège  « Production » du Conseil des Equidés d’Occitanie.

Le processus de régionalisation en cours de la SHF, initié par son Président, Monsieur CHAUVIN (qui va tout mettre en œuvre pour permettre aux éleveurs en région, d’accéder plus facilement aux divers outils jusqu’à présent réservés au niveau national), pourra s’appuyer sur cette structuration que les éleveurs d’Occitanie ont élaborée et qui constitue le soubassement solide de la maison « Filière Equine Régionale ». Il est tellement plus fréquent que la structuration soit imposée en orientation « top down » avec les échecs que l’on rencontre, que la SHF aura la chance et l’opportunité d’asseoir son intervention sur une structuration « pyramidale solide ».

Un mot pour finir ?

JJP : Arrêtons de penser pour soi car organiser/structurer pour un ensemble est tellement plus porteur et constructif. La filière cheval est complexe de par la multitude de disciplines, les différences importantes dans la gestion des cheptels, l’évolution tellement différente des marchés, mais nous avons la chance de pouvoir disposer au sein de notre Région Occitanie, comme précisé plus haut, du fleuron de l’élevage français de chevaux d’endurance depuis 4 décennies, disons simplement aux diverses institutions et au monde politique qu’il serait déraisonnable de gaspiller cette richesse.

 

Jean-Jacques PESQUET

Président du GECE OCCITANIE