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Finale Modèles et Allures Endurance 2016

Finale Modèles et Allures Endurance 2016

Le 24 septembre dernier se tenait la Finale Nationale de concours Modèles et Allures à orientation endurance, dans le Tarn à St ETienne de Tulmont, à l'occasion du Mondial des 7 ans couru la veille.

 "Cette année la finale nationale des concours d’élevage Modèles et Allures orientés Endurance a été jouée en automne, comme un fruit sucré et mûr qui aurait dû nous donner du dynamisme pour l’hiver. Une finale n’est-elle pas une fête conviviale de l’élevage ?
 

Mi figue, mi raisin...

Cependant certains chevaux, bien que régulièrement sélectionnés sur leurs concours régionaux respectifs, manquaient de qualité pour mettre les juges dans l’embarras. En moyenne vingt pour cent d’écart en notation entre les premiers et les derniers d’une classe, alors qu’il est difficile en concours de noter à la baisse un cheval auquel rien de grave ne devrait être reproché. C’est beaucoup pour une finale censée regrouper la crème de l’élevage français en endurance !
Un cheval honnête et bien sous tous rapports, sans plus, n’est pas exceptionnel ! Or une finale doit mettre en avant ce qui représente l’exemple à suivre, le modèle à envier, à copier… Il me semble qu’une sélection nationale devrait justifier l’usage du demi point, parce qu’il n’y pas d’autre façon de départager plusieurs postulants à un titre, tant leurs qualités respectives sont grandes ! Ce ne fut pas le cas...
Pour orienter les éleveurs vers une recherche du meilleur, on ne devrait pas arriver en finale par hasard, ou par défaut !

Les lauréats

Ceux qui ont connu une bonne vendange et l’ont pleinement mérité sont :

Mâle de 2 ans :                          El Quibi, (Finift des Meures x Desert Setkel).

La classe des lignées Russo-Polonaises, un zeste de “haute” égypte, avec pour Finift des Meures une troisième mère qui nous rappelle un pedigree bien connu !

Femelle de 2 ans :                   Emyrah de Givarlais. (Melfik d’Alauze x Gladys Ibn Tazra).  

Une lignée maternelle pour le moins exotique et un inbreeding fort sur Fawzan en 4ème génération. A suivre sur la piste…

Mâle de 3 ans :                          Djhail de Mega. (Sadepers x Jade).
Jade, un moule parfait qui chaque année, comme un coucou suisse, nous propose une merveille !

Femelle de 3 ans :                   Bédouine d’Alauze (Bédouin de Piboul x Rihad d’Alauze).
Le triomphe de Bédouin de Piboul, sur une authentique lignée maternelle d’endurance.

Deux lauréats (étymologiquement que l’on couronne de lauriers) en pure race et deux en demi sang : la confirmation d’une tendance vers le demi sang  s’accentue…


Du sucre, mais aussi un peu d’acide !

Par contre certains chevaux, dont les naisseurs avaient fait, et font régulièrement l’effort de penser leurs pedigrees, depuis plusieurs années, ont ceuillis des fruits verts et difficiles à avaler, tout au moins pour partie.
Certes le juge doit faire preuve d’autorité, exprimer clairement son analyse et au besoin l’expliquer pour communiquer son message, dans le cadre de sa mission orientative. Mais !

Un mâle de 3ans qui prend un 4 et un 5 en membres (notes amplifiées par un coefficient 2 parfaitement justifié) ne devrait pas avoir eu accès à cette finale. Une pareille note devient alors suspecte à un tel niveau de sélection, car il y est parvenu malgré un défaut majeur. Si on interprète bien la force de ces notes, pour une carrière en longues distances, ce cheval serait quasiment infirme.
Pourquoi arrivé sans encombre au sommet de la pyramide, seulement 2 juges sur 4,  assassinent t‘ils ce malheureux en place publique ? *
Une autre discipline dans la même association de race, a utilisé autrefois cette note comme variable d’adaptation “diplomatique”. Il n’est pas pensable d’adopter le même penchant pour l’endurance !

La lecture des notes* de ce cheval me laissent penser, à tort sans doute, à des punitions qui masquent la réalité de ses qualités. N’a-il pas été parmi les meilleurs dans son concours régional ? Et sans ces casseroles quelle aurait été sa place dans cette classe ? Un écart de 3,5 points entre deux juges en finale dans le même passage laisse perplexe. Est-ce une erreur ? faut-il la réparer ? L’incertitude me gagne.

*D’autant plus que Din Me El Quibi  car nous parlons de ce très bel étalon, a été sélectionné fin 2015 pour entrer dans le catalogue des espoirs recommandés en 2016. Ce cheval a donc été vu et revu, dans le but d’en faire un exemple ! Que ce défaut majeur se vérifie ou non, notre outil de sélection à son niveau de compétence le plus élevé se contredit. Quelle est la voie à suivre à l’avenir ? Devons nous garder confiance en nos référents ?

Autrefois, les associations de race étaient conçues comme des structures d’encouragement. Leur vocation était de rassembler les éleveurs pour tirer tout ce beau monde vers la qualité la plus élevée possible. Leur objectif était au minimum de féliciter !  De distribuer aussi des bons points aux éleveurs, fruits sucrés et de saison qui affichaient symboliquement le résultat de leur travail.  Ces structures exprimaient une volonté collégiale de faire avancer les choses dans le bon sens et dans l’intérêt collectif  des éleveurs. Cela ne se perçoit plus très nettement de nos jours et cette année tout spécialement, les fruits de saison ont une dramatique acidité.

Tendance de fond

De nombreux éleveurs ne participent pas ou plus aux concours de modèles et allures alors que leurs élèves leurs permettraient d’y figurer en très bonne place.
Leur savoir faire se vérifie en compétition. Ils sont très probablement majoritaires à exprimer ainsi une défiance certaine.

Cela explique peut-être le manque de richesse et d’homogénéité des classes présentées…
Nous produisons par centaines d’excellents chevaux  qui nous honorent en compétitions nationales et internationales. Pourquoi les concours de modèles et allures n’expriment-ils pas le même niveau en nombre et en qualité, alors que l’optimum de la discipline existe dans nos élevages ?
Et cela malgré 12 000 € de dotation !"
Yves Riou

Les notes sont disponibles sur le site de l’ACA ou ici.